4. La politique relative aux drogues douces et aux coffee shops

4.4. Coffee shops et criminalité organisée

Un coffee shop bien assorti propose un choix de plusieurs sortes de marihuana, de haschisch et de nederwiet. Selon les estimations, les ventes se composent actuellement pour plus de la moitié de nederwiet. L'exploitant du coffee shop s'approvisionne en partie auprès de grossistes ou de personnes ayant rapporté du cannabis et des produits du cannabis de leurs vacances.

Avec le succès du nederwiet, certains exploitants de coffee shops se sont mis à en cultiver pour leur propre compte ou entretiennent des contacts avec différents petits cultivateurs à domicile, dont ils achètent la récolte. Ainsi, toute la chaîne de production et de vente peut rester à l'abri des organisations criminelles.

Les enquêtes judiciaires révèlent régulièrement l'existence d'organisations criminelles qui se consacrent à l'importation, à la culture, au commerce de gros et à la vente au détail de cannabis, ainsi qu'à l'exploitation de coffee shops et d'autres établissements du secteur des hôtels, restaurants et cafés. Ces organisations investissent dans des biens immobiliers et dans des entreprises licites, entre autres dans le secteur du sexe et celui des machines à sous. Dans les organisations de ce genre, les exploitants de coffee shops ne sont souvent pas plus que des hommes de paille.

Selon certaines indications, des organisations criminelles s'adonneraient tant à la grande culture de nederwiet en plein air et sous abri qu'à la petite culture professionnelle sous abri. Cependant, la culture de nederwiet n'est certainement pas dominée dans son ensemble par les organisations criminelles.

L'influence de la criminalité organisée est une pierre de touche importante dans l'appréciation de la politique relative aux coffee shops. On doit empêcher autant que possible la participation des organisations criminelles à l'approvisionnement des coffee shops en drogues douces, notamment parce qu'on veut garder le marché des drogues douces séparé de celui des drogues dures. En effet, si les coffee shops sont sous l'emprise d'organisations criminelles, le risque est grand qu'on y vende aussi des drogues dures et qu'on y exerce d'autres activités criminelles. Indépendamment de cela, il faut donner aux organisations criminelles le moins possible l'occasion de gagner de l'argent grâce à la vente tolérée de cannabis dans les coffee shops. Enrayer l'influence du crime organisé sur le secteur des coffee shops est un objectif important de notre politique. Nous préciserons au chapitre 5 du présent document la politique pénale s'appliquant à l'approvisionnement des coffee shops en drogues douces.




Tweede Kamer, vergaderjaar 1994-1995, 24077, nrs. 2-3
© Ministerie VWS